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La souplesse : un talent naturel ou une capacité que l’on peut développer?

« Je ne suis pas souple. »

C'est probablement l'une des phrases que j'entends le plus souvent en clinique. Certaines personnes touchent facilement leurs orteils, s'assoient en indien sans effort ou semblent naturellement à l'aise dans les mouvements. D'autres ont l'impression d'être « raides comme une barre » malgré leurs efforts.


Mais qu'est-ce que la souplesse exactement? Est-elle uniquement déterminée par la génétique? Est-il possible d'en gagner à tout âge? Et surtout, est-ce vraiment important d'être souple?


La réponse est plus nuancée qu'on pourrait le croire.


Woman in beige sportswear doing a yoga split stretch in a studio; French text reads La souplesse: un talent naturel ou une capacité que l’on peut développer?

Qu'est-ce que la souplesse?


La souplesse correspond à la capacité d'une articulation ou d'un ensemble d'articulations à se déplacer dans une amplitude de mouvement donnée.


Contrairement à une croyance populaire, la souplesse ne dépend pas uniquement des muscles.

Elle est influencée par plusieurs structures :


  • les muscles;

  • les tendons;

  • les ligaments;

  • le fascia;

  • les capsules articulaires;

  • le système nerveux;

  • la forme même des articulations.


Autrement dit, lorsque vous avez l'impression d'être « raide », ce n'est pas nécessairement parce que vos muscles sont trop courts.



Pourquoi certaines personnes sont-elles naturellement plus souples?


La génétique joue effectivement un rôle. Certaines personnes naissent avec :


  • des tissus plus extensibles;

  • une laxité ligamentaire plus importante;

  • une morphologie articulaire favorisant de grandes amplitudes.


C'est pourquoi deux personnes ayant le même âge, le même poids et le même niveau d'activité physique peuvent présenter des niveaux de souplesse très différents.


Les hormones influencent également la mobilité. Les femmes ont souvent une souplesse légèrement supérieure à celle des hommes, notamment en raison de différences hormonales et structurelles.



Pourquoi perdons-nous de la souplesse avec l'âge?


La diminution de la souplesse est un phénomène normal du vieillissement, mais l'âge n'est pas le seul responsable.


Plusieurs facteurs contribuent à cette perte :


La sédentarité


Le corps s'adapte à ce qu'on lui demande. Lorsqu'une articulation n'est jamais utilisée dans certaines amplitudes, le corps finit par considérer qu'il n'a plus besoin de les conserver. Le célèbre principe « use it or lose it » s'applique parfaitement à la mobilité.


Les habitudes de vie


Passer plusieurs heures assis :

  • raccourcit certaines chaînes musculaires;

  • diminue la mobilité articulaire;

  • favorise certaines compensations posturales.


Les blessures et la douleur


Après une blessure, le système nerveux peut volontairement limiter certaines amplitudes afin de protéger la région concernée. Même une fois la blessure guérie, cette limitation peut parfois persister.


Les changements des tissus


Avec l'âge, les tissus conjonctifs perdent progressivement une partie de leur élasticité naturelle, ce qui contribue également à réduire certaines amplitudes.



Peut-on gagner de la souplesse?


Oui ! La bonne nouvelle est que la mobilité peut s'améliorer à pratiquement tout âge.


Les recherches démontrent que des programmes réguliers d'étirements, de mobilité ou d'activité physique peuvent améliorer significativement l'amplitude articulaire chez les adultes et les personnes âgées.


Cependant, il est important de comprendre qu'il existe un potentiel individuel. Une personne ne deviendra pas nécessairement gymnaste à 60 ans, mais elle peut tout à fait retrouver ou améliorer une mobilité fonctionnelle qui facilitera son quotidien.



Les étirements sont-ils la seule solution?


Non ! Pendant longtemps, les étirements ont été considérés comme l'unique moyen d'améliorer la souplesse. Aujourd'hui, on sait que plusieurs approches peuvent contribuer à améliorer la mobilité :


  • les étirements progressifs;

  • les exercices de mobilité active;

  • le renforcement musculaire dans de grandes amplitudes;

  • le yoga;

  • certaines approches de thérapie manuelle;

  • le travail du fascia;

  • le mouvement varié au quotidien.


Le système nerveux joue également un rôle majeur. Dans plusieurs cas, une amélioration de la mobilité provient davantage d'une meilleure tolérance au mouvement que d'un véritable allongement des tissus.



Est-ce important d'être souple?


Oui... mais jusqu'à un certain point.


La souplesse est utile lorsqu'elle permet :

  • de bouger librement;

  • d'accomplir les activités du quotidien;

  • de pratiquer ses loisirs;

  • de maintenir une bonne qualité de vie.


Toutefois, être extrêmement souple n'est pas nécessairement synonyme de meilleure santé. Certaines personnes très souples présentent même davantage d'instabilité articulaire ou de blessures. L'objectif n'est donc pas d'obtenir les plus grandes amplitudes possibles. L'objectif est d'avoir suffisamment de mobilité pour répondre aux besoins de votre corps.



Que se passe-t-il si je ne suis pas souple?


Ne pas pouvoir toucher ses orteils ne signifie pas automatiquement que vous avez un problème.

La véritable question est plutôt :


Votre manque de mobilité limite-t-il vos activités ou provoque-t-il des douleurs?


Si la réponse est non, il n'y a probablement pas lieu de s'inquiéter. En revanche, lorsqu'une restriction de mobilité entraîne des compensations, augmente les douleurs ou limite certaines activités, il peut être pertinent d'y porter attention.



Souplesse et douleur : quel lien?


Contrairement à ce que l'on croit souvent, manquer de souplesse n'est pas automatiquement une cause de douleur.


Les études montrent que la douleur est multifactorielle et dépend de nombreux éléments :


  • condition physique;

  • stress;

  • sommeil;

  • antécédents;

  • charge de travail;

  • récupération;

  • facteurs psychosociaux.


Une personne très souple peut souffrir de douleurs importantes, alors qu'une autre, très peu souple, peut être complètement asymptomatique.



Comment préserver sa mobilité au fil des années?


La meilleure stratégie est étonnamment simple. Bouger !


Marcher, changer régulièrement de position, pratiquer des activités variées, s'étirer lorsque cela procure un bien-être, travailler sa force, respirer pleinement...


Le corps aime le mouvement et s'adapte à ce qu'il pratique régulièrement.



En résumé


La souplesse n'est ni un concours ni un talent réservé à quelques privilégiés. Elle représente simplement la capacité du corps à bouger librement dans les amplitudes dont il a besoin.


Une partie de notre mobilité est influencée par la génétique, mais une grande partie dépend aussi de nos habitudes quotidiennes. La bonne nouvelle? Il n'est jamais trop tard pour entretenir ou améliorer sa mobilité.


Parce qu'au final, l'objectif n'est pas d'être capable de faire le grand écart. C'est de pouvoir continuer à bouger avec aisance, confiance et plaisir tout au long de sa vie !

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